PanAmerican Futbol : les chroniques

Du coup d’envoi du Pan American Futbol le 25 février à Montréal à la finale du Mondial le 13 juillet à Rio de Janeiro, 8 chroniques ont été publiées par La Voix du Nord. Retrouvez l’intégralité des publications ci-dessous.

Textes & photos Eric Carpentier.

10 mars 2014

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 Le « round d’observation », cette période fréquente au début d’un match de football où les équipes se jaugent et s’ajustent : il définit exactement le démarrage de notre aventure, entre Montréal et Washington DC.

Après une l’attente de la voiture, attente finalement aussi courte qu’interminable, nous donnons le 25 février le coup d’envoi de la partie de 107 jours qui nous sépare de celui de la Coupe du Monde 2014 au Brésil. La veille, les personnes rencontrées durant notre séjour québécois nous ont rejoint pour un « Ice Soccer » déjanté, et dangereux ! Leur présence nous réchauffe aussi sûrement que le vin, nous pouvons partir le cœur léger sur les froides routes nord américaines : le thermomètre affiche -10°C. Il remonte aussitôt avec la rencontre de Sassim, amateur de ballon rond venu du Liban et tenancier d’un Big Sal’s Pizza peu après la frontière US. Notre voiture l’emballe, nous discutons puis jouons ensemble, puis il renvoie la balle sur la route sans demander autre retour. Il est le premier d’une longue liste.

Pour autant, les premières passes, New York City & Washington DC, n’atteignent pas leur but aussi facilement que nous l’espérions. L’improvisation n’a pas sa place dans l’urbaine société américaine, et le soccer en a une trop réduite pour trouver une ball à chaque coin de rues. Ce sont donc des étapes à plusieurs touches de balle : arrivée sur place, recherche d’informations, prises de rendez-vous, et enfin nous pouvons rencontrer, échanger, jouer. New York Cosmos à NYC, District Ultras puis District Sports à DC : un club professionnel à l’allure de start-up, un groupe de supporters aux influences balkaniques, une ligue privée typiquement américaine. Nous éprouvons le soccer dans sa diversité locale, avec un discours unitaire : une forte demande, une croissance constante. Bonne nouvelle ! Est-ce l’effet de minorité ? Les joueurs locaux (dirigeants, supporters ou organisateurs) font preuve d’une grande solidarité et d’une grosse envie de partager.

Quant à nous, notre voiture est un passeport précieux et efficace : elle est admirée, photographiée, et oriente toutes les rencontres autour du ballon, qui finit souvent par sortir rouler entre nous. Elle ronronne sur les routes aussi sûrement que le soleil approche – avec quelques hoquets, donc. Richmond ou la Nouvelle Orléans nous attendent, et la voiture en (re)bondit d’impatience !

31 mars 2014

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 Depuis Richmond, Virginia, le soleil s’est levé et le match est lancé. Les 2 joueurs que nous sommes découvrons des parties inconnues du terrain, les échanges se font plus alertes, et nous sentons la ferveur monter à mesure que nous approchons du but – certes encore de loin. A Richmond, c’est l’équipe du Street Soccer Richmond qui nous accueille pour un dimanche de football ensoleillé. Leur objectif, utiliser le sport pour affronter les dépendances ou l’engrenage de la pauvreté. Et ça marche. Lorsque ‘on demande à Travis, la trentaine, pourquoi il aime le foot, la réponse est simple et claire : « it helps me stay clean man ! ». Puis à la Nouvelle-Orléans, ce sont les volontaires du YLC Kicks qui nous étonnent par l’énergie folle consacrée au développement du football dans les zones les plus pauvres de la ville, avec une volonté de mélanger les quartiers en changeant régulièrement de terrains pour obliger le déplacement de toutes les parties au jeu.

Un intermède texan obligé intervient ensuite (à retouver ici), interception d’une action bien menée. Mais le contrôle du ballon est vite récupéré et une ligne médiane bientôt passée : la frontière mexicaine.

Le 20 mars à 6h, nous sommes à Laredo, côté américain, prêts à passer à Nuevo Laredo, côté Mexicain, pour rejoindre Monterrey. Nous sommes un peu inquiets, comme un attaquant approchant une charnière rugueuse : les avertissements sont nombreux, et un coup d’oeil au site du Ministère des Affaires Etrangères qui classe la zone en rouge, le plus haut niveau d’alerte, ne fait rien pour nous rassurer.

Finalement, la descente du ballon se fait linéaire, et les réceptions sont parfaitement contrôlées. A Monterrey, une quinzaine d’amis profite de l’occasion pour se rassembler, jouer un long match, et passer la soirée ensemble. A Real de Catorce, nous découvrons les montagnes mexicaines avec une partie improvisée en compagnie de jeunes locaux. A San Luis Potosi, 3 frères mexicains d’origine et lyonnais de cœur nous font passer un magnifique week-end, entre football sous une chaleur accablante et Clasico passionné en famille.

Ainsi va la balle, cahin-caha & piano-piano, jusqu’à Mexico DF. Sur place, elle aura parcouru un tiers du terrain depuis Montréal, et sera passée de la neige canadienne au soleil mexicain. Elle continuera alors à plonger dans la passion sud-américaine pour le futbol !

14 avril 2014

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Il est 18 heures à México, D. F. (Ciudad de México, Distrito Federal, son petit nom complet) le 24 mars et nous sommes partagés. Pierre porte un maillot de Monterrey, j’ai celui de San Luis Potosi – cadeaux de bienvenue dans une terre de foot – mais ce n’est pas cela qui nous sépare. Sur un parking de México D.F., nous sommes à la fois ennuyés et soulagés :-
– Pierre, on a un problème
– Ah ouais ?
– Ouais, regarde :
Et me voilà volant à la main…hors de la voiture. Direction cassée nette. Évidement, c’est embêtant. Mais la direction a pris le soin d’attendre que nous soyons arrivés à bon port pour rompre. Quelques minutes avant nous étions sur le Périférico mexicain, montagnes russes pour voitures, et penser au même incident à cet endroit nous fait froid dans le dos…

Il arrive au cours d’une partie que le ballon crève. Le tout est de trouver une bonne rustine et de le regonfler. Pour nous, cette rustine prendra le nom de Chuy d’Avia Body Workshop, un petit atelier de restauration de voitures de collection. La connexion se fait très simplement : un journaliste a entendu parler de nous dans une presse locale la veille ; il nous rencontre à la voiture immobilisé ; le frère d’une de ses collègues connaît un mec qui fait du bon travail, pour lui avoir confié une voiture ; le lendemain, nous sommes avec Chuy. Chuy travaille principalement avec des américaines, et le fait d’approcher d’une vieille française l’intéresse beaucoup : nous voilà partis pour une semaine de travail en commun.

Pour faire simple, la direction a cassé car le châssis est plié. Pas question donc d’une simple soudure qui ne tiendra que quelques jours au plus. Nous installons donc un joint de Vocho (Coccinelle), sœur allemande de notre Vaca, pour encaisser les différences d’axes. Puis nous renforçons le châssis à l’aide de 2 barres solidement soudées au travers du moteur. Enfin, nous réglons quelques détails de boite de vitesses ou pot d’échappement qui se sont inclinés avec l’ensemble. En attendant de constater les prochaines conséquences, en voilà déjà quelques unes d’anticipées.

Au milieu de tout cela, le foot a été un peu mis de côté – nous n’avons plus de ballon ! Mais nous prenons quand même le temps de jouer sur les toits de Mexico, d’assister à un entraînement des jeunes des Pumas, ou d’aller visiter l’Estadio Azteca. Du jeu, partout, toujours !

27 avril 2014

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 Il est 21h07 le 15 avril à Managua, capitale du Nicaragua, quand le compteur kilométrique annonce le chiffre attendu, « 67 990 ». Une distance anodine pour une jeune et solide 2CV, un chiffre symbolique pour notre Vaca : au moment de quitter Montréal elle affichait 57 990 km, soit 10 000 de moins 49 jours plus tôt. 10 000 km en moins de 2 (mois) !

A cette heure précise du 15 avril, nous n’avons malheureusement pas la tête à la fête. Une mauvaise rencontre quelques instants auparavant, si elle s’est bien terminée, nous occupe encore l’esprit. Pourtant dès le lendemain le jeu reprend ses droits. A une partie de foot sur la plage succède une discussion surréaliste avec un vieux nicaraguense sur les mérites comparés du carré magique des années 80 et de la défense de l’équipe de France au tournant du XXIe siècle. Ces gens et ces moments succèdent et précèdent leurs frères et leurs cousins : nous sommes sur des terres de football.

Alors que nous devions convenir d’heures précises pour jouer en Amérique du Nord, depuis le Mexique, c’est festival : à la frontière, sur la plage, dans la rue, dans un « jardin », entre des tables, sur un parking, devant une église : partout, tout le temps, des personnes jouent, parlent, vivent football. En tout cas dès que nous montrons le bout du capot de notre ballon ! Si le temps infini passé dans les frontières nous retire celui que nous aimerions passer avec des associations, il ne nous empêche aucunement de jouer.

Cette approche de l’Amérique Centrale nous dévoile une région bien loin des chiffres alarmants et faits divers inquiétants. De la même manière que nous souhaitions montrer les raisons, aussi nombreuses que les pratiquants, qui nous font aimer le foot, les joueurs rencontrés nous offrent toutes celles qui nous font aimer leur terrain. Il n’est pas toujours droit, souvent gangrené par les mauvaises herbes, mais nous pouvons décider, avec ceux qui le veulent, d’en faire une aire de jeu. En y posant le bon coup d’oeil, en y jetant un ballon, il devient une portée sur laquelle nous jouons ensemble. Ce petit air entêtant mêlant bruits de moteur, rebonds de ballons et éclats de rire ne nous quitte plus. Puisse-t-il nous porter jusqu’au Brésil !

26 mai 2014

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 Colombie ! Ce mot claque à nos oreilles lorsque nous atterrissons à Carthagène. Colombie ! Pour plein de raisons, nous attendions la Colombie, et lorsque nous la quitterons 2 semaines plus tard, nous aimerions nous en resservir une part. Colombie !

D’abord, elle marque l’arrivée en Amérique du Sud, après celle du Nord et la Centrale. La ligne d’arrivée en est une de départ en l’occurrence : le « bouchon de Darién », cette zone de jungle qui nous a contraint à mettre la voiture sur un bateau et nos fesses dans un avion. Une (longue) semaine sans voir notre Vaca, la joie des retrouvailles à peine gâchée par un frein à main détruit en route, la route reprise dès le lendemain : On the road again, let’s kick the ball ! Hasta Brasil !

Et puis la Colombie, bien loin des clichés occidentaux, c’est le pays chéri de l’Amérique latine. Tous les joueurs rencontrés sur la route nous ont loués les qualités des colombiens et la beauté de leur pays. Nous étions impatients de voir ! Et il est vrai que de Carthagène à Ipialès, en passant par El Cerrito et Pasto, nous avons été bluffés, charmés, envoûtés par la terre colombienne…

Enfin la Colombie c’est, à titre personnel, un clin d’œil à la maison, à la famille, à ceux qui ont donné forme notre ballon, qui en ont fait un passeport d’une redoutable efficacité : l’agence nordiste de design piK’s, dont une fondatrice est d’origine colombienne. Penser au Nord en arrivant au Sud, petit plaisir relevé par un accueil digne de celui de notre plat et beau pays.

Quitter ce pays a été difficile. Mais l’accueil réservé à Quito, Equateur, par les volontaires de l’association Ecuasol nous a vite rendu le sourire. Leur travail là-bas est formidable. Ils offrent aux enfants des quartiers défavorisés un accompagnement complet – scolaire, psychologique, nutritif, financier – pour qu’ils puissent accéder à une indépendance constructive, loin de toutes les pentes glissantes qui entourent leur barrio à flan de montagne. Aux parties de foot réunissant enfants, volontaire et professeurs se succédaient balade en Vaca à 7, 8 ou 9 dans la voiture ; ce n’était pas sérieux, mais comment voulez-vous lutter contre leurs rires à gorges déployées ?

Maintenant nous sommes à Lima. Retour à la réalité : châssis salement plié à 20 jours du début du Mondial. A suivre au prochain épisode !

9 juin 2014

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 Au dernier épisode, nous nous sommes arrêtés à Lima avec un châssis plié et une voiture fatiguée. Mettons le football un peu de côté, pour parler voiture…

Arrivant à Lima cahin-caha donc, notre objectif et de rassembler les meilleurs avis sur l’ampleur des dégâts et de trouver la personne qui saura nous aider : nos connaissances et compétences sont trop maigres pour nous permettre d’être complètement indépendants. Direction le concessionnaire Citroën local pour commencer. S’ils peuvent nous héberger la voiture le temps de lui trouver un docteur, ils n’ont en revanche jamais vu de 2CV avant, et ne savent que faire, si ce n’est nous rediriger vers leur atelier qui voit les choses en grand, démontage, remplacement… en un peu trop grand. Vient le Musée National d’Automobile. La fin des soucis pensons-nous ! Que nenni. Les coups de main et de pub’ ne les intéressent pas, ils nous font comprendre qu’ils vivent du travail de leurs mécanos et que c’est cher, très cher… Pendant ce temps là, le chemin vers un ami de cousin de contact aboutit. Le mec n’accepte que des gens recommandés, son ouvrier porte une veille blouse Citroën, une BX traîne en fond de garage, l’échange est bon, ça va le faire. Ca pourrait… pas avant 2 semaines, il vraiment chargé et ne peut accueillir la Vaca dans son atelier pour démontage. A ce moment, miracle ! Un inconnu nous donne par Internet la direction du seul mécanicien à Lima qui travaille sur 2CV, il en a d’ailleurs 2 dans son atelier en ce moment. Allons-y ! Encore une fois « oh ! » et « ah ! », oui et… non. Il a vendu son atelier et quitte le pays à la fin de la semaine. Il ne nous reste plus que le destin. Nous lançons une pièce en l’air et décidons d’aller au Chili : ils ont produit pendant des années une version de la 2CV délicieusement appelée Citroneta.

Pendant ce temps en effet, les avis arrivent : « changez tout, plus un mètre ! » ; « c’est trop dangereux, vous allez tout péter ! ». Euh… Et les plus rassurants : « ça va tenir, c’est une deuche, allez-y seulement doucement » ; « tout bouge, mais c’est ce qui est sympa non ? » ; « vive l’aventure ! Un bout de ficelle et on voit si ça tient jusqu’au bout ! ». Nous, on adore cette option et cette vision, on décide donc de pousser.

A la frontière, nous rencontrons un ancien ouvrier de Citroën, 30 ans de maison. Ils nous aide à rafistoler 2-3 choses. Mais surtout, 1 000 km plus au Sud, à 1h du matin, nous voyons une Citroneta et 5 énergumènes agitant les bras : ils nous attendent ! Ils savent notre problème, ont un atelier prêt, en 2 jours la voiture sera remise droite, renforcée, nous pouvons repartir. Nous nous confondons en remerciements émus, ils nous offrent un ballon, nous relançons notre voyage en ballon. Vive le foot et vive la deuche !

30 juin 2014

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 Rio de Janeiro, Maracana : un nom magique, un lieu de drames (finale de Coupe du Monde 1950 perdue par le Brésil face au voisin uruguayen), d’art (Pelé y a marqué quelques buts), de passion (stade résident des clubs de Botafogo, Vasco de Gama, Flamengo, Fluminense, et donc théâtre du mythique derby Fla – Flu)… Ancien plus grand stade du monde, et hôte de France – Equateur, dernier match du premier tour. Une étape brésilienne de notre voyage était d’arriver à l’heure au Mondial, ce qui fut fait avec 13 minutes d’avance après 107 jours, 14 pays, 22 274 km. Un premier rendez-vous avec le Maracana est un deuxième arrêt d’importance. 500 km à faire depuis Sao Paulo, après avoir participé à la liesse populaire consécutive à la qualification du Brésil, allons-y.

Depuis Porto Alegre et France – Honduras, nous sommes 3 dans la voiture. Ludovic, qui suivait par Internet le Pan American Futbol, a sauté dans la voiture. Et il n’est pas de trop…pour pousser. Depuis quelques temps en effet, la Vaca montre des signes de fatigue et beaucoup de difficultés à se réveiller. Nous lui promettons un repos réparateur à Rio où nous serons accueillis par Jason, patron du petit club de deuchistes auriverdes (une trentaine de 2CV recensées sur un territoire grand comme 12 fois la France !), et lui demandons à chaque fois un dernier effort. Elle accepte… jusqu’au moment où elle nous fait payer trop de promesses non tenues, et refuse le moindre mouvement sur l’autoroute entre Sao Paulo et Rio. Soit. Sauf qu’il est 20h, qu’il fait nuit, qu’aucun garage n’est ouvert, et que le coup d’envoi est dans moins de 21 heures !

Tractés sur une aire de repos, un brésilien nous propose de nous emmener 70 km plus loin voir si un bus de nuit fait la liaison, sinon de dormir chez lui pour prendre le bus le plus matinal. Brem vindos ao Brasil, encore et toujours. Nous prenons le bus à minuit, en descendons à 5h, arrivons à 8 chez Jason. Ni une mais deux, il nous offre en cadeau de bem vindos 2 places pour assister à France – Equateur au Maracana, arguant que c’était tout à fait normal après 25 000 km…. Merci ! Allons-y !

Au stade, l’ambiance est joyeuse, hinchas français et équatoriens mélangés, une vraie fête mondiale. A la sortie, je croise par hasard Christian Karembeu, rencontré quelques mois auparavant : l’occasion de lui donner des nouvelles des enfants indiens de Tomorrow’s Foundation, dont il se souvient bien. A peine le temps de dormir et nous voilà déjà de retour à Sao Paulo, pour remettre la Vaca sur pattes. Citroën do Brasil l’a rapatriée, un garage nous offre la réparation : solidarité, toujours. Et fête, immense, hier avec la qualification du Brésil. Brésiliens, chiliens, colombiens, uruguayens ensemble dans la rue. Et 3 français.

7 juillet 2014

fra bre

 Enfin ! Enfin la Vaca, notre 2CV, est arrivée à Rio. Elle s’y était refusée une première fois, restant sur une aire d’autoroute pendant que nous sautions dans le premier bus. Récupérée, rapatriée et réparée les jours suivants, elle a retrouvé une énième jeunesse, increvable. Mais a bien failli se dérober une seconde fois avant Rio… Les embouteillages monstrueux de Sao Paulo (plus de 20 millions d’habitants) l’ont fait chauffer plus que de raison, et il a fallu attendre la nuit et la fluidité sur les routes pour les prendre. C’est au petit matin que nous avons réveillé la ville au son de notre (faible) klaxon, une ville déjà prête pour le grand moment, le match du Bresil contre la Colombie plus tard dans la journée.

La voiture très simplement garée devant la plage de Copacabana, la journée s’est passée en rencontres, échanges et chants avec les supporters des différents pays – même les allemands ! Petit à petit, notre maison mobile a disparu sous la foule s’amassant sur Copacabana, profitant intelligemment de l’écran géant installé par la FIFA hors de la zone réservée, hors donc du marketing à outrance et des prix prohibitifs. Une belle ambiance de fête, ou les vendeurs ambulants proposent tout le nécessaire pour des sommes modiques – l’un d’eux a fini confortablement installé dans la voiture. Une belle ambiance de fête encore, ou l’on peut se consoler de la défaite française en trinquant avec les allemands, ou l’on peut chanter a la gloire de la Colombie aux bras de brésilien(ne)s. Une belle ambiance de fête enfin, ou l’on peut lancer un match de foot tard dans la nuit, avant de s’effondrer sur place pour quelques heures de sommeil bienvenues.

Mais cette fête se finit aussi, et le réveil est douloureux. D’abord parce que les 4 équipes supportées sur ces quarts sont sorties. Aussi parce que les nuits, si elles sont sûres, sont courtes sur le sable de Rio, et que l’eau de mer ne suffit pas toujours à se sentir propre. Et surtout parce que l’on sent la fin approcher, 6 jours seulement et il sera temps de rallumer les lumières. La nostalgie arrive doucement mais surement, alors que les pages de 5 mois de voyage, de foot, de rencontres vont se refermer. Avec un doute : quand nous rentrerons, rencontrerons-nous autant de joie, de jeu ? Si ce n’est pas le cas, nous nous souviendrons : tout ce qu’il faut faire, c’est sortir un ballon !

A retrouver également, les chroniques écrites pour notre partenaire La Voix Médias :
www.lavoixmedias.fr/fr/Acow

Infographie

http://www.helloasso.com/associations/a-cup-of-world/collectes/un-voyage-en-ballon-le-retour